Explication
La variante Ilyin-Zhenevsky appartient à la Hollandaise classique. Les Noirs développent le cavalier en f6, avancent le pion e7 en e6, placent le fou en e7, roquent et soutiennent le centre avec le pion en d6. En , Q signifie dame et O-O représente le petit roque, le mouvement combiné du roi et de la tour qui conduit le roi vers le coin. Les Blancs développent couramment leur fou en fianchetto, ce qui signifie que le pion g avance et que le fou se place derrière lui en g2. Le coup caractéristique est Qe8 : la dame noire se place derrière le pion e6 pour soutenir son avancée en e5.
Le coup ...e5 est une rupture de pion, une avancée destinée à ouvrir des lignes et à contester le centre. S’il est joué dans de bonnes conditions, il donne de l’espace aux Noirs et peut permettre à la dame de se rendre en h5, près du roi blanc. Dans certaines positions, les Noirs peuvent aussi jouer ...f4 pour déloger des pièces ou ouvrir la colonne f. Ces idées expliquent pourquoi la dame va en e8, même si elle y paraît d’abord moins active.
Le coût du plan
Le coup initial ...f5 contrôle e4 et crée des possibilités d’attaque, mais il affaiblit aussi les cases noires proches du roi noir. Qe8 consomme également un temps sans développer de nouvelle pièce. Si les Noirs ne parviennent pas à jouer ...e5 ou à créer de l’activité à l’aile roi, les Blancs peuvent utiliser le fou de g2, avancer d5 ou ouvrir l’aile dame pendant que l’attaque noire tarde à se mettre en place.
Des systèmes aigus comme l’ et le gambit Staunton contestent la Hollandaise avant que ce dispositif ne soit achevé. L’Ilyin-Zhenevsky représente le scénario opposé : les Noirs construisent toute leur structure, puis cherchent le moment exact pour effectuer la rupture.
Confusions fréquentes
Toute Hollandaise classique n’est pas une Ilyin-Zhenevsky
Le système se reconnaît à la position de la dame en e8, normalement après ...d6 et le roque.
